Rubrique Conseils de lecture de lepangolin.com

Qu’est-ce que la science-fiction ? – Article 5 – Une histoire hétéroclite : New Wave et Post New Wave

La Science-Fiction pessimiste des années 50 n’arrête pas la montée en popularité du genre. Au contraire, nourrie de nombreuses influences, entre expérimentations et maturations, elle aboutit à de nouvelles formes telles que la New Wave et la Post New Wave.

Sous l’effet d’influences aussi bien littéraires que populaires, légères que sombres, invitant à l’évasion sans conséquence que réflexive, la Science-Fiction continue de faire de nouveaux émules. Cette effervescence des années 50 et le succès des formats de poche mènent, au milieu des années 60, à un véritable renouveau de la S-F avec le mouvement de la New Wave.

New Wave et sciences sociales

Lassée de n’être que le genre des fusées et des extra-terrestres, la Science-Fiction décide au milieu des années 60 d’être un peu plus inclusive. Sous l’impulsion d’auteurs et d’éditeurs désirant un renouveau de la S-F, la New Wave impose donc ses règles.

  • Qu’est-ce que la New-Wave ?

Le mouvement de la New Wave/Nouvelle Vague est porté par la revue britannique New Worlds.
Éditée depuis 1936, l’arrivée de Michael Moorcok à l’édition en 1964 lui permet de faire la part belle aux expérimentations. Ses auteurs représentatifs adoptent une posture radicale dans un univers largement dominé par la mise en scène de technologies futuristes et l’exploration spatiale.

Ils introduisirent en force dans la SF les sciences sociales au détriment des sciences dures.

Jacques Baudou

Cette ère Moorcock met donc l’accent sur les fictions spéculatives.
Parmi ses représentants, on retrouve Brian Aldiss : Croisière sans escale, Le Monde vert, Barbe-Grise,  le Cycle d’Helliconia en planet opera.
Ou encore J. G. Ballard : Vermilion Sands, la série dite des Quatre apocalypses (Le Monde Englouti, Sécheresse, Le Vent de Nulle Part, La Forêt de Cristal), le recueil La foire aux atrocités et la trilogie de béton avec Crash, L’île de béton, IGHtions.
Et d’autres auteurs gravitant autour d’eux tels John Brunner ou Keith Roberts.

  • Rayonnement international

Si la revue New Worlds connait un arrêt brutal de publication en 1970, la New Wave rayonne, elle, largement hors du monde britannique. Elle continue d’ailleurs de faire des émules tout au long des années 70.

En Grande-Bretagne, des auteurs comme Ian Watson, D. G. Compton, Christopher Priest (Le Monde inverti, La Fontaine pétrifiante, Le Prestige), Richard Cowper, Bob Shaw, Michel M. Coney s’y rattachent.

Elle est relayée aux États-Unis par Harlan Ellison avec les anthologies Dangerous Vision et Again Dangerous Vision. Mais elle ouvre également la voie à des auteurs comme le très prolifique Robert Silverberg (Cycle de Majipoor, Cycle de Gilgamesh, Cycle du nouveau printemps…), George Alex Effinger, James Tiptree Jr, Ursula K. Le Guin (Terremer), Joanna Russ, Barry Malzberg, Michael Bishop ou R. A. Lafferty.

En France, enfin, elle permet l’apparition d’auteurs comme Michel Jeury, Daniel Walther, Jean-Pierre Andrevon, Pierre Pelot et Dominique Douay.

Quelques illustrations de New Worlds sous l’ère Morcook

Post New-Wave et Hard SF

  • Action et réaction

Néanmoins, la New Wave laisse assez rapidement la place à une phase Post New Wave. Cette dernière s’installe en réaction à la New Wave et à l’introduction des sciences sociales dans la S-F. Cette période marque l’apparition de la Hard SF.

La hard-SF est cette forme de littérature qui prend appui sur des faits scientifiques établis ou soigneusement extrapolés.

Allen Steele

Naturellement, les auteurs américains qui marquent le plus nettement ce retour à la S-F campbellienne sont également des professeurs physiciens et mathématiciens. Se distinguent notamment Gregory Benford, David Brin, Robert Forward, Charles Sheffield et Vernor Vinge.

Parallèlement, de nouvelles revues, valorisant la qualité d’écriture, contribuent à faire reconnaître le sérieux de la science-fiction en dépit de sa dimension imaginative.

  • Une nouvelle ère

À partir de 1977, le Isaac Asimov’s Science-Fiction Magazine s’impose comme étant LA référence dans ce domaine.

Cette revue réunit certains des meilleurs auteurs des années 80-90. On y rencontre notamment Connie Willis, Octavia Butler, John Varley, Orson Scott Card, George R. R. Martin (et son désormais très  peu méconnu Game of Thrones), Lucius Shepard, Kim Stanley Robinson, Pat Murphy, Mike Resnick, Terry Bisson, Nancy Kress, Michael Swanwick.

De plus, une sorte de consécration de la SF survient en France à ce moment-là avec la création de nombreuses collections, dont Ailleurs et Demain de Gérard Klein qui instaure pour la première fois le grand format. Elle dénote ainsi un certain anoblissement du lectorat et traduit la volonté des écrivains français de porter « l’imagination au pouvoir » après 1968.

Le magazine Isaac Asimov’s Science Fiction, d’hier à aujourd’hui

Ce qu'il faut retenir

La New Wave et la Post New Wave sont fondatrices de la Soft SF et de la Hard SF.

Dotée d’un lectorat de plus en plus étoffé et diversifié, la Science-Fiction assure son développement en tant que genre à travers des sous-genres de plus en plus nombreux.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.